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| Corruption : Les vieilles ficelles de Papa Bongo |
| Posted by samemous on 2009/8/30 12:28:45 (112 reads) |
Sauf séisme, le doyen des chefs d'Etat africains, au pouvoir depuis 1967, décrochera le 27 novembre un nouveau mandat de sept ans. Mais ce triomphe annoncé masque mal les failles du système et l'amertume de ses laissés- pour-compte |
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| Corruption : quand le sexe remplace le repas dans les bureaux du plateau |
| Posted by samemous on 2009/7/27 19:20:14 (834 reads) |
Ebats sexuels et pornograhie dans les bureaux du Plateau (Abidjan): Un danger pour la société ivoirienne.
CECP masqué.JPGCroyez-moi, cette scène a lieu en plein Plateau, quartier administratif et d'affaires d'Abidjan. Dans un bureau d’un établissement financier de la place. Une stagiaire, qui se fait, à maintes fois, photographier et filmer par son boss au cours d’ébats sexuels bien enlevés avec ce dernier. Jusque là, la plupart des internautes de la capitale économique de Côte d'Ivoire, qui ont reçu ces scandaleuses images, se demandent encore ce qui a bien pu se passer dans la tête de ces deux tourtereaux adultères (tous deux mariés), pour offrir des scènes aussi honteuses au monde entier. En effet, que recherchaient-ils en se comportant ainsi? En tout cas, cette affaire vient mettre à nue ces comportements irresponsables de certains cadres d'administrations (publiques ou privées) en Côte d'Ivoire, qui n'hésitent souvent pas à transformer leur lieu de travail en de véritables chambres de passe, pour s'offrir des moments d'intenses plaisir avec de jeunes demoiselles aux ambitions indécentes. Voici ce que valent nos hauts cadres!
Lorsqu'on les aperçoit dans nos rues, marchant avec fières allures, enviés par plus d’un, arborant leurs costumes cravates haut de gamme, on n’est loin de s’imaginer à quel point ces gens sont capables de pousser le vice jusqu’à un certain degré de bassesse humaine.
Aujourd’hui, ce qui est désormais connu sous l’appellation d’« affaire pornographie à la CNE », a fini par aller au-delà de l’Internet, pour occuper les colonnes des journaux d'Abidjan. Et, ce qui est inquiétant, c'est que les deux acteurs de ce sacndale ne sont que la partie visible de l’iceberg. En effet, ce qu’ils ont fait n’est que le reflet d'une habitude, dans les bureaux feutrés de nos administrations, dans la très respectable commune du Plateau. Je me garde également, pour des questions de pudeur, de diffuser sur ce blog ces images de la déchéance humaine, ainsi que le film (vidéo), intitulé « bassesse », montrant une séance d'ébats sexuels entre notre stagiaire et son boss, dans le bureau de celui-ci.
Acceptez, chers lecteurs, que je vous épargne les détails sur l’identité des deux tourtereaux (disponible dans la presse d’aujourd’hui), car je pense- c’est mon point de vue- qu'ils ont droit, malgré tout, à une certaine dignité. Nous apprenons même par un canard abidjanais que la jeune dame en question, dûment identifiée par ce journal, a déjà échoué à une tentative de suicide après l’éclatement de ce scandale, qui a amené son époux à se débarrasser d’elle. Ses parents, bouleversés et choqués par ces images et films aussi dégradantes qu’humiliantes, ont saisi le procureur de la république, qui a procédé à l’arrestation du « patron pornographe », apprend-on dans la presse (le Nouveau Réveil du jeudi 11juin 2009)
Pour la petite histoire, je rappelle que ces images pornographiques, qui ont été largement diffusées sur le net, sont l’œuvre d’un homme, cadre dans une entreprise bancaire au Plateau, qui non seulement avait, de façon récurrente, des relations sexuelles avec sa stagiaire dans son bureau, mais prenait le malin plaisir de filmer et de photographier leurs ébats à l’aide de son téléphone portable. Malheureusement pour ces deux amoureux adultères (chacun étant marié de son coté), l’ordinateur du boss, dans lequel étaient stockées ces « images de la honte » a pris un coup, et c’est au cours de sa réparation que les techniciens ont découvert le déconcertant album photos, doublé d’une vidéo érotique court métrage, où les deux collaborateurs se défoncent à merveille.
A travers ce billet, je veux interpeler toute la société ivoirienne sur ces pratiques aussi ignobles qu’immorales qui ont cours dans les bureaux du Plateau. Ce qui m’amène à me demander où va notre société avec une telle déchéance morale.
A la prochaine! |
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| General : Que de beaux souvenirs! |
| Posted by samemous on 2009/3/23 13:00:00 (405 reads) |
Je me suis marré à avoir des larmes aux yeux après avoir lu ce qui suit !!! Je vous conseille de le lire.
Nous avons vieilli, mais on résiste seulement et on feint de l'ignorer!
Si tu crois encore que tu es jeune, ouvre bien les yeux, tu verras.
Beaucoup d'étudiants qui vont rentrer cette année à l'université sont nés en 1985 et même pour d'autres en 1987 ou 1990.
- Que savent-ils de : " Sweet Mother ? , Akiéé spécial, Adjouaééé
adjouééé? , Araabadéé? Miki-miki , Api lon wêê hé ba han han ( I fell all rigth de James Brown ) etc..
- Ils n'ont jamais chanté : "We are the world, we are the children."
Ou " loin du Coeur et loin des yeux, de nos villes, de nos banlieues, l’Ethiopie meurt peu à peu , peu à peu ...." pour lutter contre la faim en Ethiopie.
- Ils ne savent même pas chanter "Brigadier Sabari" ni "Bintou wêre-wêrê" ni même appris à danser le zouk " souzana ké rété , souzana ke rété ..;" "zouk la sé sel médkaman nou ni ... " "vénezuélaa ah vénézuéla a ya ya oh yo yo"..... ,
- Ces futurs étudiants ont-ils déjà voulu imiter le look de Cyndy Lauper? de Michaël Jackson? de Tracy Chapman? ont-ils déjà eu le béguin pour Sade Adu?
Ils n'ont pas goûté aux joies des chansons telles que : "Macho" , "Ring my bell", "le fric c'est chic", "dis donc c'est costaud ce machin poilu làà (Don't stop until you enougth, de Michaël Jackson )" etc.
- N'ont ni dansé en "cassant le robot", ni " smurfer", ni même dansé "le one leg", "le castor", "le makossa", "le kwassa kwassa".
N'ont pas vu Yves Zogbo danser sur sa tête
- Ne sauront jamais que le milliardaire Alpha Blondy a été rapatrié des USA après une crise de folie dû au PCP (une drogue) et qu'il passait son temps à traîner à adjamé.
- Ils ne porteront pas des pantalons "ventilos", des "puntchos" , ne connaîtrons jamais Gun morgan et sa famille..., Tantie léo et sa célèbre émission "Appelez- moi léo"
- Ils sont trop jeunes pour savoir que John Yalley (pardon Mayall !) avait un horrible sac à dos et a été lapidé lors du concert de la paix à Bouaké et que Zéré de Papara a dja foul au Félicia !
- Ils ne savent rien du One Man Show de Bailly Spinto au Magic Circus, ou du duel Lougah-Bailly à l'Hôtel Ivoire où par désespoir Bailly Spinto s'est presque déshabillé sur scène; que savent- ils du love entre Lougah François et Tshala Mwana?
- Ils n'imaginent même pas qu'il y avait un journal qu'on appelait " Ivoire Dimanche " , que toutes les filles branchées lisaient "Ok Girls" et que les mecs lisaient "Salut les copains " , sans oublier les fameux "Arlequin".
- Savent-ils que le groupe Kassav est venu plusieurs fois en Côte-d'Ivoire ? Que LL COOL J y est également venu? que KOOL and the GANG a fait un play back sans son au stade Félix Houphouet Boigny? que Peter Gabriel et Amnesty International ont fait un Grand Concert au Félicia? que Michael Jackson est venu en CI ?
- Parle-leur de Goba Michel, Guédé Akénon, Gaba Placide, Dré Moïse, Adjoukoua Gaston, Miezan pascal, Ben SALAH, Guédé Gba, Monguei GUEI, Abdul Razak, Ernest Ebongué, Ayo Ayo Ayo!!! et du parachutiste qui a terminé son saut dans une tribune du Félicia... durant des mouvements gymniques devant Houphouet Boigny.
- Pourtant, Côte d'Ivoire 84, pour toi c'est hier. Ils ne sauront jamais que Moni Bilé, Kanda Bongo Man, Aurlus Mabélé, Pépé Kallé , Emoro , Zaiko Langa Langa et autres Jo Balard ont eu leurs heures de gloire en Côte d’Ivoire. Pour eux, le Sida existe depuis toujours.
- Ils ne savent pas que le préservatif s'appelait Capote anglaise en cours d'ECM et qu'on disait ''C'est pas moi qui ai grossi la fille", pour dire qu'on n'est pas l'auteur de la grossesse; que de vilains garçons écrivaient le nom des filles qui les avaient éconduits avec du charbon noir sur les murs suivi de la mention "SAO" et que pour la fille en question c'était pire que la mort ?
- Ils n'ont jamais écrit une lettre d'amour avec la phrase -clé du Secrétaire des Amants : "En cette journée hivernale agrémentée par le vol des mouettes au-dessus de la prairie, mon coeur me dicte de te narrer mes sentiments les plus sincères..." ou encore " tu es le sinus de mon coeur et le cosinus de mon amour "
La fille devait répondre : "Je veux accepter ton amitié, mais je vais réfléchir d'abord avant de te donner ta réponse."
Les deux amoureux avant de commencer la relation échangeaient les "principes" sur papier. (C'était demande d'emploi wah ???, concours wah ???)
A cette époque, une fille bien ne couchait jamais avec un mec le premier soir... ( les temps ont vraiment changé dèh !!) Sous peine d'être traitée de SAO....
- Savent-ils qu'un garçon qui voulait aborder une fille devait toujours passer un courrier qui devait être absolument convoyé par un ami... et que les deux amoureux ne se parlaient que par personne interposée?
- Ils n'ont jamais rempli de "cahier de souvenir" où on colle sa photo, celle de son chéri, de sa "CP" (lire camarade préférée), de son acteur ou chanteur préféré, des pièces de 05, 25, 50, ou même 100f cfa; n'ont jamais parlé d'eux, de ceux qu'ils aiment ou pas dans ce genre de cahier, n'y ont jamais recopié de chansons françaises de Claude François, Joe Dassin, Dalida, Michel Sardou, la compagnie créole etc
- N'ont jamais participé au concours de gâte-gâte, n'ont pas joué au chrono, à la marelle, au ballon prisonnier, à papa-maman, à l'élastique, à "in pé"; n'ont pas eu la peur des "matasse", de john pololo, des faremois, des maplessiens, etc... Ou de se faire prendre leurs sous devant le magic circus ou à la patinoire de l'hôtel Ivoire. Ne sont jamais allés aux séances de cinéma de 14h pour voir les films hindous ou karatés à 100f
- Ils n'ont jamais fait de boum où on doit balayer les restes de macaroni collés dans le salon de l'oncle avant de partir. Ou avant la boum on présente le bureau qui défile dans le salon les bras en l'air avec un sourire des plus niais, sans oublier le président qui doit faire un discours; ces jeunes, futurs étudiants ne savent pas qu'une boum réussie était une boum où il y avait : du ok tip- top, du sirop rouge extrêmement dilué, du riz au gras, du pain, du bon maïs, des croquettes, une ouverture de bal en bonne et due forme et... "Des blues.." qu'on dansait dans le noir avec ceci de particulier que le jeune homme essayait de plaquer sa cavalière contre le mur et que celle-ci faisait tout pour l'en empêcher et surtout se tenait à une distance respectable de lui, tout en dansant sinon... tout le quartier le savait juste après;
Demandez leur s'ils ont connu les magasins "Bata" , "Vêteco", "Monoprix"
Ils ne savent pas ce qu'on appelle 2kPi avant les examens de fin d'année. Ni Boilo avant les devoirs; n'ont pas connu les citations du "vieux" avant le journal parlé, n'ont pas salué le drapeau en criant à tue -tête "vive nanan Houphouët Boigny, vive la côte d'ivoire" !!
Les disquettes 5 pouces ¼, ils connaissent à peine. Le CD est apparu quand ils avaient à peine un an... ils n'ont jamais eu de 45 tours géant de Ernesto Djédjé, de Aïcha Koné, ou le 33 tours de Michel Polnareff "Je suis un homme, je suis un homme..." (Qui a dit qu’il était femme même???) "Ou le téléphone pleure" de Claude François, "la maladie d'amour de Michel Sardou etc...
- Beaucoup de ces jeunes ignorent comment étaient fichus les anciens téléviseurs blanc-noir de l'enseignement télévisuel. Amy et Copé, Awata le sorcier (dans le beau voyage de Séa), ils n'ont jamais eu peur d'aller en classe au risque d'y trouver "Dame Zinimo" ou "Mamie Watta"; n'ont pas connu le repos du jeudi pour les élèves; ne connaissent pas "L'homme qui valait..., Starsky et Hutch, Spectroman, Maya, Sandokan, Amicalement vôtre, Drôles de dames, Goldorak, Daktari; n'ont pas pleuré pour Candy Candy, Hawai five O, Police d'état, Simon Templar, Super Star Station, Roger Fulgence Kassy et son Podium....
- Beaucoup, même à cet instant où tu lis, se demandent comment on faisait avant sans télécommande.
- Si tu es de Koumassi, demande-leur ce qu'il y avait à la place du Lycée Moderne et du complexe sportif.
- Si tu es de Marcory, interroge-les sur la raison qui a envoyé Zitany Neil (Génération 86) à la MACA.
- Si tu es de Cocody, demande-leur quelle était la spécialité de Shalamar et Alain des ACB (Abidjan City Breakers.)
- Si tu es d'Adjamé demande leur s'ils connaissent Pitchourou et Pâcome des ACB ou Cheick le danseur de Aicha Koné. Ils ne savent même pas que le pain a longtemps côuté 50F, et le bus 60f
- Demandez leur ce que c'est que le fauteuil blanc, la célèbre émission de Ben Soumahoro.
- Ils ne connaissent pas les grandes légendes et les grands événements : Torino le Coupeur de têtes de Daloa, Gbagbo le Révolutionnaire, Brad Harrus et Blocus, le Circus Vika, le défilé de l'indépendance, Bonne Année l'argent...
- Est-ce que c'est Adama Champion ou Tchétché le faux ils vont connaître? Et télé pour tous ? Avec : sé sé sé albert bonne arrivé....,
- Pour eux, Michaël Jackson a toujours été blanc.
Dis-toi que ces gens-là vont entrer à l'université cette année... Ce sont eux les jeunes maintenant!!! Toi, tu es devenu kôrô, Doyen(ne) : c'est ça qui est la vérité! Voici quelques symptômes de ton vieillissement :
1. Tu comprends le texte ci-dessus et tu souris en te disant, ça ment pas...
2. Quand tu fais un show jusqu'à 5 heures du matin, le lendemain on dirait on t'a gbassé au village.
3. La petite fille que tu appelais "Maman jolie", aujourd'hui tu la regardes jusqu'ààà, tu comprends pas...
4- A la rentrée, ton coeur bat... Tu trouves un villageois dans ton salon, ton coeur bat... Même à la fin du mois ton coeur bat de plus belle...
5- Avant là, tu lapidais les policiers au Campus avec Soro Guillaume, aujourd'hui, c'est M. Le Premier Ministre
6- Tu penses: comment faire pour avoir une maison à moi,
7- Tu es directement impliqué dans les funérailles et mariages, on y attend surtout ta cotisation.Si tu crois toujours que tu es jeune, continue de faire show... |
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| General : Résilience et stabilité de la Finance Islamique |
| Posted by samemous on 2009/3/11 2:11:00 (254 reads) |
Par Noureddine Krichene et Ezzeddine Saidane
A cause de sa stabilité inhérente la finance islamique a attiré l’attention des banques des principaux centres financiers. La montée de la finance islamique n’est pas le fait du hasard. C’est une conséquence directe de la crise financière et économique qui sévit actuellement. Contrairement à la finance conventionnelle qui est périodiquement frappée par des crises plus ou moins sévères, la finance islamique est maintenant considérée comme un système financier stable capable de promouvoir la croissance et la création d’emplois stables. La finance islamique exclut l’intérêt, la spéculation, le marché secondaire de la dette et se base sur les activités de production et de commerce réelles. Elle est immunisée contre l’expansion du crédit non causé et la spéculation qui sont des caractéristiques de la finance conventionnelle et qui sont déstabilisé même les systèmes financiers les plus avancés.
I- La finance conventionnelle est instable par nature
La crise financière qui a éclaté en août 2007 est considérée comme la plus grave de la période de l’après guerre. L’effondrement de milliers de milliards de dollars de dérivés fictifs de crédit et de la croissance incontrôlée du crédit donne une indication de l’étendue et de l’intensité de la crise qui pourrait atteindre une dimension ingérable. La crise a estropié les systèmes financiers de plusieurs pays avancés et a causé la disparition de grandes institutions financières établies de longue date. La crise a prouvé que les systèmes financiers avancés étaient très vulnérables et incapables de survivre seuls. Des faillites massives ont été provisoirement évitées au prix d’énormes plans de sauvetage. Les marchés de capitaux ont gelé. La conséquence a été une crise boursière qui a effacé des milliers de milliards de dollars en valeurs d’actions et en comptes d’investissement-retraite.
L’incertitude économique n’a jamais été aussi grave. La crise a-t-elle été gérée correctement, ou au contraire a-t-elle été aggravée ? Au vu des injections énormes de liquidités effectuées par les principales banques centrales, l’offre de monnaie est-elle en train d’échapper à tout contrôle ? Combien de temps va durer la crise ? Combien de secteurs et de pays va-t-elle affecter ? Quel sera son impact sur la croissance et l’emploi ? Quel en sera le coût en termes de fiscalité et d’inflation ? Les tensions inflationnistes vont elle réapparaître et échapper à tout contrôle ? Alors que des réponses précises ne peuvent être avancées, il est clair que cette crise a déjà ralenti la croissance dans plusieurs pays développés, déclenché des émeutes à cause des prix de produits alimentaires de base ou des produits énergétiques dans des pays vulnérables, augmenté le chômage et imposé d’énormes coûts fiscaux. Malgré ses conséquences dévastatrices la crise a mis en évidence le besoin pressant pour une stabilité financière en en faisant une question fondamentale dans le domaine de l’économie et de la finance.
L’instabilité financière a été un phénomène récurrent de l’histoire économique contemporaine, affectant divers pays de manières plus ou moins intenses. La crise la plus dure a été la Grande Dépression de 1929-33. D’éminents économistes qui ont vécu la période de la Grande Dépression ont tout fait pour établir un système bancaire capable de préserver la stabilité financière. Leurs propositions étaient connues sous le nom de « Plan de Réforme de Chicago » du fait qu’elles étaient élaborées par des professeurs d’économie de l’Université de Chicago. Bien qu’ils n’aient aucune connaissance de la finance islamique en ce moment, leurs propositions étaient une réaffirmation naturelle des principes de base de la finance islamique. Le «Plan de Chicago » divise le système bancaire en deux composantes essentielles : une composante banques de dépôts avec une obligation de réserve de 100% et une composante banque d’investissement sans contrats monétaires et sans paiement d’intérêts, où les dépôts sont considérés comme des parts sociales (actions, etc.) et sont rémunérés par les dividendes, avec des échéances qui coïncident parfaitement.
Ce plan montrait en fait que seul un système financier basé sur les principes islamiques pouvait être immunisé contre l’instabilité financière.
La prolifération des innovations financières dans des marchés déréglementés a conduit à une énorme pyramide de crédit inversée avec une base réelle très fine. Le niveau d’innovation en matière de produits financiers a largement distancé la capacité d’utiliser ces produits et la capacité d’en comprendre les caractéristiques en termes de risques et de conséquences à long terme. Les instruments récents sont pour la plupart basés sur le concept de « créer et distribuer » au lieu de « créer et garder » avec un recours excessif aux modèles de titrisation.
Les politiques de certaines banques centrales qui ont consisté à offrir des liquidités bon marché ont été un facteur clé dans le déclenchement des crises financières majeures. La crise actuelle, par exemple, est essentiellement le résultat de la manière d’opérer de certaines grandes banques centrales. Elle a été causée par les taux d’intérêt les plus bas de l’après guerre fixés par la « US Federal Reserve » (Banque Centrale des Etats-Unis) suite à l’implosion de la bulle Internet à la fin de l’année 2000. Comme conséquence, la masse des crédits avait augmenté dangereusement et de manière exponentielle au taux de 12% par an aux Etats-Unis sur la période 2001-2008. Cette croissance phénoménale du crédit s’est faite au prix d’une grave érosion de la qualité des risques prix par les banques. Soros avait dit en 2008 que « lorsque l’argent est gratuit un prêteur rationnel continuera à prêter jusqu’au moment où il n’y aura plus d’emprunteur ».
La banque centrale peut aussi jouer un rôle essentiel en matière d’instabilité financière si elle permet une expansion du crédit non soutenue par les ressources appropriées, c'est-à-dire une croissance des crédits sans qu’il y ait dans le système une croissance suffisante de l’épargne. A travers sa politique monétaire la banque centrale permet aux banques de s’engager dans une expansion de crédit sans contrepartie (en termes d’épargne). En fait ce n’est pas l’expansion du crédit en tant que telle qui peut conduire à une situation de crise mais c’est l’expansion de crédit sans contrepartie qui aboutit à un détournement de l’épargne réelle des activités productives vers les activités non productives, qui à son tour affaiblit le processus de création de richesse réelle.
En somme la finance dite conventionnelle est en foncièrement instable. Les causes d’instabilité sont le taux d’intérêt, l’expansion de crédit sans contrepartie, et une banque centrale déstabilisatrice lorsque la politique monétaire s’appuie sur le taux d’intérêt ou permet l’expansion de crédit sans contrepartie.
II- La finance islamique est stable par nature
Les sources d’instabilité financière du système conventionnel, c'est-à-dire le taux d’intérêt, le crédit sans contrepartie, l’abondance de liquidités, la spéculation et la fixation du taux d’intérêt par la banque centrale sont pour l’essentiel absents dans un système de finance islamique, assurant ainsi la stabilité intrinsèque de ce système.
Deux principes fondamentaux sous-tendent la finance islamique : le premier est qu’un système financier islamique est basé sur le commerce et la production et non sur l’intérêt, qui est banni ; le deuxième est qu’un système financier islamique basé sur le commerce sera immunisé contre l’instabilité, alors qu’un système basé sur l’intérêt est en soi instable sujet à des pertes et à des crises répétitives. Un système financier islamique est défini comme un système où il n’y a pas d’actifs sans risque et où toutes les transactions sont basées sur le partage du risque et par conséquent du profit ou de la perte. De ce fait tous les actifs financiers sont des créances courantes et il n’y a pas d’instruments de dette avec un taux d’intérêt fixe ou variable. De ce fait le taux de rendement des actifs financiers est en premier lieu déterminé par le rendement du secteur réel. Dans une économie en croissance les banques islamiques obtiennent toujours des rendements nets positifs.
L’intermédiation financière islamique est différente de celle d’un système financier conventionnel. La banque dans un système islamique est génériquement différente de la banque dans un système conventionnel. Les banques n’accordent pas de crédits générateurs d’intérêts et ne créent pas et ne détruisent pas la monnaie. Elles participent directement dans les opérations de production et de commerce sur une base de partage du profit ou de la perte. Les banques n’agissent pas comme de simples prêteurs, elles doivent s’impliquer directement dans les opérations de commerce et d’investissement et exercer la propriété directe des actifs réels. Les dépôts auprès d’une institution financière islamique peuvent être considérés comme des actions ou des parts sociales et sont soumis à risque. Ils peuvent générer un profit ou subir une perte.
Il ne peut pas y avoir de création de crédit ex nihilo en finance islamique. En finance conventionnelle les dépôts auprès d’une banque peuvent être instantanément transformés en prêts ou être utilisés pour acheter des actifs financiers et devenir des réserves ou une base pour un nouveau prêt chez une autre banque, contribuant ainsi à une création de pouvoir d’achat et à une inflation au niveau des prix des biens et des actifs. Une telle situation n’existe pas en finance islamique. Les dépôts doivent être réinvestis directement par la banque dans des activités de production et de commerce et créer des flux de biens et de services. De nouveaux flux monétaires sont générés par la vente des biens et services. La monnaie n’est donc pas créée indépendamment de la production de biens et services. L’investissement est égal à l’épargne et l’offre globale de biens et services est toujours égale à la demande globale.
Le passif de l’institution financière est couvert par des actifs réels tangibles qui sont possédés directement par l’institution. Ils ne sont pas couverts par des actifs financiers. Les risques des institutions financières islamiques sont mitigés puisqu’ils sont principalement liés au rendement des opérations d’investissement et non au capital de ces institutions.
Dans un tel système seule la banque centrale a le monopole de la création monétaire. Le taux d’intérêt ne peut être utilisé comme instrument de politique monétaire. La banque centrale ne refinance pas les banques, comme c’est le cas en finance conventionnelle. Elle n’achète pas et ne vend pas d’instruments financiers aux banques. La banque centrale doit appliquer des plafonds quantitatifs aux agrégats monétaires. Une telle politique a été efficace pour le maintien de la stabilité financière et l’exclusion des booms spéculatifs et de l’inflation même pour un système financier conventionnel. L’injection de liquidités se fait lorsque la banque centrale procède à l’achat de devises, de l’or, ou de la dette de l’Etat non basée sur l’intérêt, mais indexée sur l’or, ou sur un panier de produits de base, ou sur un portefeuille d’actifs réels créés par l’Etat.
III- CONCLUSION
L’histoire se répète avec des épisodes d’instabilité du système bancaire conventionnel. Les exemples de crises financières graves sont nombreux aussi bien dans le passé récent que dans le passé plus lointain. Une telle instabilité avec son impact inflationniste ou déflationniste peut être imputée aux politiques et pratiques financières basées sur l’intérêt. L’excès de liquidité peut être dangereux. La concurrence entre banques conventionnelles pour redéployer l’excès de liquidités les conduit à agir dans le sens d’une expansion rapide du crédit non basé sur une épargne réelle. Les prix des actifs passent par des périodes de bulles et de crises qui génèrent d’énormes redistributions de richesses et des faillites. L’activité économique passe elle aussi par des épisodes de booms suivis par des crises. Le rôle de la banque centrale en tant que prêteur de dernier recours renforce souvent l’instabilité financière. Etre le prêteur de dernier recours est en effet une manière de valider la création monétaire excessive par les banques et d’imposer à l’économie un énorme coût en termes d’inflation. Les banques centrales se trouvent ainsi piégées dans un cercle vicieux d’instabilité financière, suivie par des opérations de sauvetage, une politique d’argent bon marché, qui conduit à un nouvel épisode d’instabilité financière avec un impact foncièrement négatif sur la justice sociale.
De ce fait la banque centrale doit avoir un contrôle total sur la gestion de la liquidité, mais elle n’a pas à s’occuper de la croissance économique ou de l’emploi.
En finance islamique le crédit doit être basé sur l’épargne réelle. Les flux monétaires sont générés par les ventes de biens et services et transitent par le système bancaire pour les besoins des paiements ou des investissements. Les banques ne se concurrencent que pour les opportunités d’investissement réel, leurs ressources sont réinvesties dans des activités réelles. De ce fait la croissance économique est durable et ne comporte d’impact négatif sur la justice sociale puisque l’inflation ne peut pas être utilisée pour appauvrir les créanciers et les salariés et enrichir les débiteurs et les spéculateurs. |
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